Résultats du régime d’exclusion alimentaire chez les enfants atteints de la dermatite atopique
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Résumé
Introduction : La relation entre l'alimentation et la dermatite atopique demeure un domaine complexe, et le recours aux régimes d'exclusion alimentaires comme modalité thérapeutique fait encore débat et division au sein de la communauté scientifique. Nous avons examiné les effets du régime d'exclusion alimentaire sur l’évolution clinique de la dermatite atopique chez les enfants congolais.
Matériels et méthode : Il d’agit d’une étude prospective observationnelle sur 36 enfants atteints de dermatite atopique, âgés entre six mois et quatorze ans. La detection des allergènes alimentaires a été effectuée à l'aide du prick test cutané. Chaque parent a reçu des instructions pour exclure de l’alimentation de son enfant, pendant huit semaines, les aliments ayant suscité une réaction positive lors du prick-test. Afin de prévenir toute carence nutritionnelle, les aliments exclus du régime ont été remplacés par des alternatifs non-allergènes. Les données recueillies ont ensuite été analysées statistiquement à l'aide du logiciel SPSS, dans sa version 27.
Résultats : l'instauration d'un régime d'exclusion alimentaire a conduit à une évolution favorable des lésions cutanées chez 28 patients, soit 77,8% des cas. Cette réponse thérapeutique positive a montré une association statistiquement significative avec l'âge des patients, compris entre 6 mois et 5 ans (p=0,022), ainsi qu'avec la profession parentale, particulièrement chez les parents exerçant une activité professionnelle ou les travailleurs (p=0,025). Une association statistiquement significative a également été établie entre l’évolution des lésions cutanées et l'exclusion de certains aliments, en particulier l'arachide, où une amélioration des lésions a été constatée dans 71,4% et 45,5% des cas, avec une transition d'une forme sévère à une forme légère et modérée (p=0,026). Des résultats similaires ont été observés pour le lait et l'œuf (p=0,001 pour les deux), avec une transition de la dermatite atopique d'une forme sévère (score SCORAD > 50%) vers une forme modérée (score SCORAD < 50%) chez respectivement 71,4% et 53,8% des sujets. L'exclusion de l'aubergine africaine et du blé a également révélé une corrélation notable, avec une disparition des lésions observée chez 35,3 % et 50 % des patients respectivement (p=0,001 et p=0,002). Par ailleurs, une aggravation des symptômes de la dermatite atopique a été constatée en lien avec l’exclusion des poissons (55,6 %) et de pomme de terre (71,4 %), avec une signification statistique marquée pour les deux (p=0,000).
Conclusion : Une réduction statistiquement significative des scores de sévérité a été observée suite à la mise en œuvre d'un régime d'exclusion alimentaire seul. Cette intervention diététique a permis d'observer une atténuation, voire une disparition complète, des lésions cutanées chez la majorité des patients.
Mots-clés : Régime d’exclusion ; dermatite atopique ; alimentation ; SCORAD ; Nord-Kivu
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