Dénutrition chez les patients vivant avec le virus de l’immunodéfiscience humaine à Bukavu. Cas du centre de traitement ambulatoire de l’HGR Panzi à Bukavu: prévalence et facteurs associés.
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Résumé
Introduction : La dénutrition est l’une des principales manifestations de la progression de l’infection par le virus de l’immunodéficience acquise (VIH). Elle constitue une
grande préoccupation pour les personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Cette étude vise à évaluer le statut nutritionnel des PVVIH et déterminer les facteurs associés à la dénutrition.
Méthodes : Il s’agit une étude transversale corrélationnelle menée au centre thérapeutique ambulatoire (CTA) de l’Hôpital Général de Référence de Panzi
(HGR/PANZI) afin d’identifier les facteurs associés à la dénutrition auprès des PVVIH sous traitement antirétroviral (ARV) depuis plus de 6 mois. Nous avons comparé les données de 138 PVVIH dénutris à celles de 138 PVVIH sans dénutrition. Trois paramètres nous ont permis de définir la dénutrition dont l’indice de masse corporelle
(IMC) < 18,5 kg/m2, indice de risque nutritionnel (NRI) <83,5% pour la dénutrition sévère et NRI = 83,5 à 97,5% pour la dénutrition modérée et l’hypo albuminémie <35g/l.
L’hypo albuminémie a été retenue pour notre étude comme expression de la dénutrition. La régression logistique univariée et multivariée a été utilisée pour déterminer l'association entre les différents facteurs indépendants et la dénutrition.
Résultats : Le taux global de la dénutrition est de 59,6%. La majorité des patients PVVIH sont des femmes 77,9% vs 22,1% d’hommes. Nous avons trouvé 49,7% des femmes
dénutries contre 50,2%. Il n’y a pas de différence statistiquement significative de la répartition de la dénutrition par rapport au sexe (p=0,885). La moyenne globale des âges est de 42,09±11,77 ans, la proportion de dénutrition dans la tranche d’âge de 18 à 30 ans
est un peu plus élevée comparé aux autres avec 58,1% des patients dénutris contre 41,8% des patients non dénutris. Les facteurs associés à la dénutrition trouvés chez nos
patients sont : le degré de la diversité alimentaire moyen (aOR=12,93 ; IC à 95% :6,72-25,38 ; p<0,001) et élevé (aOR=23,25 ; IC à 95% :17,72-36,32 ; p<0,001), le recours aux
stratégies d’adaptations et la présence des lésions buccales (aOR=6,84 IC à 95% :1,47-31,6 ; p=0,014).
Conclusion : La dénutrition au cours de l’infection à VIH reste un problème important à Bukavu. Les stratégies de dépistage précoce de personnes à risque et les protocoles de prises en charge doivent être mis en place.
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